Présentation
Le site officiel donne divers repères succincts. Sur le volet « Débats Publics », il est mentionné « une concertation appropriée sous l’égide d’une personnalité indépendante afin d’associer la population au projet. » cf ici, mais pour l’heure rien de précis .
Associer la population est-ce (au delà de réunions de visu qui ont leur intérêt, mais touchent souvent les seuls professionnels de la concertation) :
- Jouer le jeu des questions / réponses ; mais qui va sélectionner les questions et qui sera crédible pour donner les réponses objectives et indépendantes ? Par ex sur l’évolution prévisible des trafics censés justifier une autoroute à l’Ouest de Vesoul. Par ex encore sur la certitude de trouver un concessionnaire.
- Mettre à disposition des internautes des extraits d’informations… mais de quelle pertinence, avec quelle approche pédagogique, sous quelle responsabilité professionnelle et indépendante ?
- Cibler uniquement les habitants et riverains ou / et les usagers en transit ? Ces derniers apprécieront-ils de payer une autoroute pour des projets locaux de développement qui ne les concernent guère ?
- A l’heure d’une prégnance du net, dans ce qui relève du choix des citoyens, comment enclencher une dynamique du débat qui soit constructive et ne se résume pas à affirmer des positions convenues.
Qu’en pensent les fonctionnaires locaux en charge du dossier ? Pour réussir cette « concertation appropriée » envisagent-ils de progresser dans leurs pratiques professionnelles du débat public en étant de leur époque numérique ; ou se cantonneront-ils à une information / communication institutionnelle ?
En somme comment sur un projet de ce type contribuer à un « gain de démocratie » ? C’est dans cette optique que nous suggérons aux acteurs locaux concernés d’ouvrir ici un espace interactif Web2.
Analyse aux termes de la concertation officielle
Rn19 - Démocratie binaire
La concertation appropriée évoquée par le Garant, tourne au classique Q/R pour questions / réponses. Dommage d’être peu en accord avec notre époque numérique interactive en adoptant une position en retrait avec des forums qui n’en sont pas.
Comme pour un projet sur Toulouse, les responsables du projet considèrent que le Q/R signifie débat.
En fait, là aussi, le processus de débat est enfermé dans :
- des procédures bien trop courtes pour que des échanges féconds aient lieu. C’est un peu ce que dit lui-même José Thomas le Garant en écrivant ici
- « Compte tenu de la brièveté du délai qui nous sépare de la fin de la phase de la concertation consacrée au tronçon A 31 – Vesou, je ne puis vous assurer que la réponse pourra vous parvenir avant les réunions de clôture, prévues les 1er, 2 et 3 octobre 2007. »
- une crainte des fonctionnaires d’être dans un contexte non maîtrisé et interactif. Certes les réponses sont signées des Directeurs concernés… mais dans les faits, il est probable que ce soit un bureau d’études qui ait pris la plume au préalable. Mais c’est un peu normal au vu des plans de charge.
- un désir de toujours placer les projets routiers sous le couvert d’une administration. Cf la formule ici : « vous informer sur le projet de l’administration ». Mais où sont les responsables politiques concernés qui ont validé le portage de ce projet ? Pourquoi un projet de nature Etat serait-il porté par la seule administration - maître d’ouvrage ? Le Garant peut-il s’y substituer alors même qu’il travaille en étroite relation avec cette même administration.
Cela confirme en tout cas, le vif désir de nos concitoyens de débattre via le net et, même d’une façon limitée, l’évolution ponctuelle de nos fonctionnaires commençant à cliquer sur la souris (ou pour le moins leur « écrivain public »
que sont leurs bureaux de communication).
Pas sûr que tout ceci tourne au « gain de démocratie » et à une plus grande responsabilisation des fonctionnaires sur le net ; même si José Thomas évoquait à juste titre, ici, un enjeu d’importance : « Je vous remercie de votre participation à un acte de démocratie citoyenne. »
Il faut sans doute plus d’ambitions dans ces domaines du débat public, en retrouvant le sens de l’innovation pour faire davantage partager les réussites et contraintes de tout projet collectif.





